Notre système visuel produit des images mentales qui sont extériorisées en dehors de notre corps.
Ces images mentales reproduisent si fidèlement la réalité que nous les assimilons à des images optiques, comme celles produites pas nos appareils photo.
Cependant, ce n’est pas aussi simple. Notre perception visuelle implique de nombreuses structures qui sont bien maitrisées par les sciences actuelles comme l’optique oculaire, la biologie ou les neurosciences. Cependant, d’autres structures sont encore quasi inconnues comme la conscience.
Je vous propose d’analyser par leurs fonctions quelques aspects de nos images mentales, pour nous rendre compte que leur nature est bien différente de celle de nos images optiques. La pauvreté de nos connaissances scientifiques dans ces domaines rend difficile la communication sur ces aspects de notre perception visuelle, bien que les soignants y soient confrontés quotidiennement.
Si faire revoir un aveugle tenait du rêve ou de la science-fiction, les nouvelles technologies sont déjà en clinique voire commercialisées. La cécité en question résulte de la perte des photorécepteurs dans des maladies héréditaires ou dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Les prothèses rétiniennes permettent aux patients aveugles de relire des mots simples ou saisir des objets. La troisième génération de prothèses en test clinique procure une meilleure acuité visuelle. Cependant, pour atteindre une plus grande résolution, une stratégie alternative de restauration visuelle utilise le génome d’une algue. Cette stratégie dite «thérapie optogénétique» est déjà entrée en clinique.
La présentation montrera comment la recherche scientifique à l’Institut de la Vision de Paris contribue à ces nouvelles avancées thérapeutiques.
Au cours de ses travaux de recherche, Céline Cappe a abordé la thématique de l’intégration multisensorielle grâce à une approche multidisciplinaire, du singe à l’homme, de l’anatomie à l’électrophysiologie, du comportement animal à la psychophysique chez l’homme.
Elle a montré l’existence de connexions directes entre des aires corticales de sensorialités différentes soutenant une nouvelle conception de convergence multisensorielle à bas niveau. Elle a ensuite mis en évidence le corrélat neuronal de cette convergence au moyen d’enregistrements unitaires chez le singe, et de l’EEG et de la TMS chez l’homme.
Enfin, ses travaux ont révélé la possibilité d’une implication du thalamus dans les phénomènes multisensoriels et sensorimoteurs. Ces connexions pourraient constituer une voie favorable à la facilitation des réponses motrices en conditions audio-visuelles que j’ai démontrée chez le singe. Ainsi, ses travaux apportent un faisceau convergent d’évidences d’un système distribué et non hiérarchique impliquant également les aires sensorielles de bas niveau.